Elle (sensuelle) :
Serré contre mon dos, il m’enlace et danse
Je vibre, sonne et résonne à ses caresses
Mes courbes en contrebas se déhanchent
Sans ce que cette valse ne cesse.
Lui (énervé) :
Tandis qu’elle reste de bois et se raidit
Comme un manche – c’est dans ses cordes.
Et elle me joue forte son air de jalousie
Faisant raisonner ses désaccords.
Elle :
Entre mes reins, il glisse ses doigts
Toujours collé contre ma peau
Et plus ses mains descendent bas
Et plus mes cris montent haut !
Lui :
Elle, elle roule ses mécaniques
Pour faire contre résonance
Même quand elle attaque en musique
Je n’entends que le son de son silence.
Elle :
Non, mon Mont de Vénus ne mettr-
A plus longtemps à lui appartenir,
Comme dirait Süskind – le maître –
Je joue y compris pour son plaisir.
Lui :
Et maintenant, voilà qu’elle
Monte sur son grand cheval et
Me lance, tel un archer,
En plein cœur : « c’est moi ou elle ! »
Lui (la regardant) :
Mais elle ne comprend pas bien
La nature de mes sentiments uniques…
Elle (le regardant) :
Je ne vois pas ce qu’elle craint,
Je suis un instrument de musique !