La morille

C’est au fond d’une petite forêt,
Que la colo du mercredi,
Alla ensemble se faire chier,
à la cueillette des champi.
Avec ignorance, ces citadins
piétinaient un endroit précis
Alors que l’anim’, le matin
A défendu de marcher ici.

Gare aux morilles…

L’animateur socio-culturel
Criait, éperdu : « crotte de bique !
Bougez-vous le cul, car les coulemelles
Ne sautent dans les sacs plastiques ! »
Comme le groupe de jeunes garçons
Devait soulever les feuillages,
Au lieu de se baisser comme des cons,
Donnèrent des coups de latte sauvages !

Gare aux morilles…

Ceux-là même qui, hier,
Fumaient du marocain mal coupé,
petit à petit distinguèrent
Girolle, cèpe et bolet ;
Leur quête était d’autant plus tendue,
Que la morille est pervertie,
Peut être toxique à l’état cru,
La suite leur prouva que si !

Gare aux morilles…

Tout à coup Rachid explose
et crie comme un bel animal
en rut, on n’sait pourquoi. Je suppose
Qu’il avait dû se faire mal.
Jean-mi, qui ne parlait à personne,
Dit : « c’est aujourd’hui que j’le perds ! »
Il parlait de son smartphone,
Et va le retrouver, j’espère !

Gare aux morilles…

Tout le monde se précipite
près de Jean-Michel angoissé,
Sauf le pauvre Rachid
Tout seul, en train s’étouffer ;
Voyant que tout le monde se casse,
Le jeune Kabyle accéléra,
En pensant : « Cette fois, j’y passe ! »,
Ses prières pour Allah.

Gare aux morilles…

« Bah ! soupirait le jeune Berbère,
Que je puisse encore les intéresser,
Ce serait extraordinaire,
Je n’ai même pas l’option 4G ! » ;
L’anim Albert pensait, impassible,
« Qu’il s’étouffe avec un champignon,
C’est complètement impossible…
Où est cet iPhone, nom de nom ?! »

Gare aux morilles…

Supposez que l’un de vous puisse être,
Comme l’anim, obligé de
Sauver un téléphone ou un être,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu’une alternative semblable,
Un de ces quatre jours, m’échoie,
C’est, j’en suis convaincu, le portable
Qui sera l’objet de mon choix !

Gare aux morilles…

Heureusement, car si Albert
n’a pas validé son BAFA,
On sait en revanche qu’il est expert
pour soigner l’éthylique coma.
Au lieu de faire sonner Jean-michel,
Comme l’aurait fait n’importe qui,
Il saisit Rachid par l’orteil
Et le souleva jusqu’au vomi !

Gare aux morilles…

La chute est vraiment délectable,
Et d’ailleurs, je ne peux
m’empêcher de la dire, que diable
Ça nous fera bien rire un peu ;
Rachid vidait son estomac,
Devant Jean-Michel déconfit.
Car l’iPhone gisait là,
parmi les champignons dans le vomi.

Gare aux morilles !


D’après Le Gorille de Georges Brassens (1952)

Publié par battmanu

Je suis batteur, poète, auteur et interprète Battmanu pour les intimes et tous ceux qui aiment ces rimes

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