Le slam recherché
Après la tempête
La phrase rêvée
reste incomplète
Ce slam me scalpe
Cette panne m’embête
Elle pèse un gramme
Mais elle m’entête
Archives de la catégorie : slam
Le roi dans l’arène
Le peuple affranchi et libéré
Retrouva nourriture et dignité
Les basses besognes se partagèrent
Partout les solidarités s’organisèrent
Écrire en mouvement
Enchaînement chorégraphique des mots
Ballet des corps et des stylos
Sur le parquet de la feuille à carreaux
Je me t’aime
Je me t’aime quand je te tais
Je me noue entre nous
Je me toi quand je te vois
Je me t’aime comme un fou
Des mots des champs
Bienvenue à toi, rat de biblio-bar et rat des champs
Pilier de comptoir ou cul sec en coup de vent
Bienvenue à toi, amatrice des mots clés qui ouvrent les scènes en grand
Dans mon arbre
Bienvenue dans mon arbre, mon âme, mon abri,
Au creux de son tronc étroit
Entre, fais comme chez lui
Des hauts ébats
Je pénètre alors mon intimité dans la tienne
Jusqu’à ce que notre rythme se déchaîne
jusqu’à ce que l’amour s’en vienne
Le flux de la faux
Le flux doux de la faux
vaut bien
Le plus fou des refrains
qui va et vient
Trou noir et page blanche
L’inspiration fuit mon stylo
L’arme blanche de mon ego
Je marche en rêve
Et j’erre en marge
Douceur et Rudesse
Douceur et Rudesse, les deux sœurs tristes
L’une brune et douce, l’autre rude et rousse
Deux tempéraments opposés, deux destins liés
Deux frangines impossible à réconcilier
Ballade de l’orchidée coupée
Les larmes dans tes yeux blessés
Même les fleurs de l’orchidée
Tout repousse en vérité
Sinon celle qu’on m’a coupé
Sous le pavé, la page
Pourtant, c’est qu’un pavé
Un gros tas de feuilles de papier !
Un putain de ticket pour un voyage
Vers l’inconnu. Sous les pavés, la page !
Papa à pas
Cette aventure commune et unique
Cette expérience intime et publique
D’une banalité extraordinaire
Putain, je suis père !
Hommage au temps perdu
Je veux rendre l’hommage qui lui est dû
Au temps perdu
L’art de la procrastination
Se pratique sans hésitation
La vie est rature
J’aurais aimé parler ici
De mes déprimes et mes noirceurs
De mes nuits d’insomnie
De mes angoisses et mes peurs
L’assemblée des canidés déconfinés
Un mal qui répand la terreur,
Mal venant selon les rumeurs
De quelque pangolin chinois
Ou d’un laboratoire maladroit…
Bingo slam
Un seum n’arrivant jamais seul
Forcément ma caisse ne démarre pas
J’aurais pas dû faire ce karaoké sur le parking
Forcément la batterie est à plat
J’en avais marre des soirées dans ma cuisine
Une trace dans l’allée
C’est là que je l’ai vu, sûre et nonchalante
Au milieu du chemin, pas pressée, ni stressée,
Tout de suite fasciné par cette allure lente
De la limace qui trace et traverse l’allée.
Écho au logis
J’entends le son des graines oubliées sur la montagne
Je ne crie pas, je décris, j’écris et témoigne
L’heure est au leurre et l’écho au logis.
L’homme des bois
J’ai bien connu un homme des bois,
très droit, toujours dans les clous,
mais un peu marteau.
Murmures et mûres mures
Quand j’étais au pied du mur
j’entends comme un murmure :
« Les mûres les plus mures
ne sont pas au pied du mur ! »
Aux sources de l’habitat
Revenir au bois, terre et paille, le BTP de la post-modernité
Retourner aux sources des éléments
Utiliser l’eau, le soleil et le vent
L’avantage de l’âge
Des Drapeaux rouges aux gilets jaunes
T’as vu toute la palette de la rage
Ta couleur reste celle de l’automne
C’est l’avantage de l’âge…
Un vers en terre
Ma quête d’inspiration
me pousse à faire
cette expérimentation.
Placer dans ton jardin
un vers en terre
dans un pot de fer.
Carte blanche en zone rouge
Carte blanche : J’erre en zone rouge
Carton rouge contre les ondes
Où sont les zones blanches dans ce monde ?
Roman-fleuve
Aujourd’hui, je me sens seul et tendu
Je m’allonge au sol, étendu sur le dos
Et tandis que je repense à l’étendue
de mes bordées sur tant d’étendues d’eau.
Lui, elle et moi
Je vais sortir, aller à la rencontre d’elle, de lui, elle, elle et lui.
Peut-être que leurs créations inspireront mon crayon.
Sacrés numéros
Un chiffre d’affaires est un nombre.
Et le comparer à l’année n-1, c’est soustraire un chiffre à une lettre.
C’est donc que les lettres sont chiffrables.
Sauf quand elle est mal écrite, une lettre est dure à déchiffrée.
Étranges coquillages
D’étranges coquillages
Échoués sur la plage
par centaines, par milliers
par la mer rejetés…
Je suis un patient
Je suis un patient,
Pas si angoissé par toute cette attente
Oui docteur, je suis impatient…
La vie d’une journée
A l’aurore de ta vie, ton grand bonheur de grand garçon.
T’as plu et tu plairas à la jeune fille de Trécesson.
Tant et si bien que de cet amour vint une union
Qui dura, excusez du peu, plus d’un demi-siècle de long !
Ma note bleue
Elle est noire et ronde
Mais y’a un truc qui cloche
Elle est aussi bien blanche.
Pour faire swinguer son monde,
Elle se fait même double-croche.
Histoire de fesses
Ça fait un moment que je me tâte
Je suis prêt pour le coming-out :
Une passion gênante dans la rue…
J’aime me gratter le cul !
Je ne suis pas Charlie
Je ne suis pas Charlie, car leur mémoire ne s’effacera pas d’un coup de gomme.
Je ne suis pas Charlie, car je ne me sens pas à la hauteur de ces grands Hommes.
Batteur et poète
Des écrits j’en ai écrit
et j’ai noirci plusieurs carnets
Pour dix slams tout pourris
J’en ai un à vous présenter.
Une vie pour une vue
Dans ce monde qui met en garde à vue
Celui qui ne se met pas au garde à vous
Je me bats avec des mots
Et je maintiens ma garde à vie.
Ernest
Apparu d’un seul geste
A la fois délicat et preste
Pour cette arrivée modeste
Bravo à toi Ernest
Swing littéraire
Fièvre des écrits
Des cris
et des écrits
Mouettes musicales
Muse infatigable
Swing balkanique
Framapad en musique
Tubes silencieux
Partitions sous mes yeux
Sous mes yeux fatigués…
Au temps pour toi
Aux temps modernes, l’heure est moins à la Réduction du temps de travail
qu’à la multiplication des temps partiels.
Il faut chercher le gain de temps, car c’est de l’argent.
Mais aujourd’hui si le temps presse, tant pis…
La femme de lettres
Il était une phrase, une petite fille de lettres qui vivait loin de la capitale.
Sonnet à nez
Souvent fin, pas crochu, ni en trompette, ni en trompe…
Au panthéon nasal avec les grands naseaux :
Ceux de Cléopâtre, Grenouille et Cyrano.
Contrevalse
Et maintenant, voilà qu’elle
Monte sur son grand cheval et
Me lance, tel un archer,
En plein cœur : « c’est moi ou elle ! »
Le pigeon des villes et le pigeon des vents
Allons, où est la beauté de notre race ?!
A te voir trottiner sans grâce,
Je suis sûr que nos ancêtres colombes
S’en sont retournées dans leurs tombes.
Non, il faut leur tenir tête,
On va pas se laisser prendre le bec…
Madeleine pleure comme La Fontaine
Dans tous les hémisphères,
je ne veux pas suivre Malbrough,
car il s’en va-t-en guerre
et sérieux ça me broute…
Les bons soirs
Je suis ici ce soir
Car je voulais savoir
Qu’étaient ces fêtes de bar
Où l’on récite son art